Que mange le frelon asiatique ? Impact sur les abeilles et la biodiversité
Que mange le frelon asiatique : un prédateur généraliste
Contrairement à ce que l’on croit souvent, l’alimentation du frelon asiatique ne se limite pas aux abeilles. En effet, Vespa velutina est un prédateur généraliste qui consomme une grande variété d’insectes volants : mouches, guêpes, papillons, bourdons, syrphes et autres hyménoptères. Par ailleurs, les adultes se nourrissent également de substances sucrées — nectar, miellat, sève fermentée — pour couvrir leurs propres besoins énergétiques.
En revanche, les proies capturées vivantes servent exclusivement à nourrir les larves. Concrètement, le frelon asiatique découpe sa proie en vol ou sur un support, ne conservant que le thorax musculaire riche en protéines, et en forme une boulette qu’il transporte jusqu’au nid.
Une colonie de frelon asiatique en pleine saison peut capturer plusieurs dizaines de milliers d’insectes entre avril et novembre. L’impact sur la faune entomologique locale est donc cumulatif et significatif, bien au-delà des seules abeilles domestiques.
L’alimentation du frelon asiatique selon les saisons
Le régime alimentaire du frelon asiatique évolue au fil de la saison active, en fonction des besoins de la colonie et des ressources disponibles :
La reine fondatrice se nourrit principalement de nectar et de sève pour assurer son énergie. Elle capture quelques insectes pour nourrir ses premières larves. La pression de prédation est encore faible à cette période.
Avec la montée en puissance de la colonie, les besoins en protéines explosent. Les ouvrières intensifient la chasse. Les abeilles domestiques deviennent une cible privilégiée en raison de leur abondance et de leur prévisibilité (elles reviennent régulièrement aux mêmes ruches). C’est le début de l’impact mesurable sur la biodiversité locale.
Pic de prédation. La colonie est à son maximum, les ressources florales se raréfient, et les frelons asiatiques intensifient leurs attaques sur les ruches. L’impact sur la biodiversité des pollinisateurs sauvages est également maximal à cette période.
Le frelon asiatique et les abeilles, une menace documentée pour la biodiversité
La relation entre le frelon asiatique, son alimentation et la biodiversité apicole est la mieux documentée scientifiquement. Vespa velutina pratique ce que les entomologistes appellent le “vol stationnaire de prédation” : une ouvrière se positionne à quelques centimètres de l’entrée d’une ruche, attend le retour des butineuses chargées de pollen, et les capture en vol.
Ce comportement de chasse a plusieurs effets en cascade sur la colonie d’abeilles :
- Les butineuses réduisent leurs sorties, perturbant la pollinisation et la production de miel.
- La colonie entre dans un état de stress prolongé qui affaiblit les défenses immunitaires.
- Dans les cas les plus graves, une ruche fortement attaquée peut s’effondrer en quelques semaines.
- La pression cumulée sur plusieurs saisons peut contraindre les apiculteurs à abandonner leurs ruchers.
Selon les données du Muséum National d’Histoire Naturelle, une seule colonie de frelon asiatique peut capturer jusqu’à 11 kg d’insectes sur une saison, dont une part significative d’abeilles domestiques et sauvages.

Le frelon asiatique ne conserve que le thorax de sa proie, riche en protéines, pour nourrir les larves du nid.
Tableau : les principales proies du frelon asiatique et leur impact sur la biodiversité
| Proie | Rôle écologique | Impact de la prédation |
|---|---|---|
| Abeille domestique (Apis mellifera) | Pollinisation, production de miel | Elevé — ruchers fragilisés |
| Bourdons (Bombus spp.) | Pollinisation cultures et flore sauvage | Elevé — espèces déjà menacées |
| Syrphes (mouches-abeilles) | Pollinisation secondaire | Modéré |
| Guêpes communes | Régulation d’autres insectes ravageurs | Modéré |
| Papillons diurnes | Pollinisation, maillon de la chaîne alimentaire | Modéré |
| Mouches et diptères | Décomposition, pollinisation | Faible |
Au-delà des abeilles, l’impact du frelon asiatique sur la biodiversité des insectes
Le débat public sur le frelon asiatique se concentre souvent sur les abeilles domestiques, mais l’impact sur la biodiversité est bien plus large. Ainsi, les abeilles sauvages solitaires — qui représentent plus de 1 000 espèces en France — sont également victimes de cette prédation, sans bénéficier de la protection d’une ruche ni de l’attention des apiculteurs.
De plus, les bourdons, déjà fragilisés par la perte d’habitat et les pesticides, subissent une pression supplémentaire. Les syrphes, essentiels à la pollinisation secondaire, sont également capturés régulièrement. Par conséquent, la disparition progressive de ces pollinisateurs dans les zones fortement colonisées par le frelon asiatique a des conséquences directes sur la flore locale et les cultures.
Pour approfondir la question de l’expansion géographique de l’espèce en France, consultez notre article sur l’expansion du frelon asiatique en France depuis 2004. Pour comprendre comment identifier cet insecte, lisez notre guide complet du frelon asiatique.
Le frelon asiatique mange-t-il aussi des végétaux ?
Oui, mais de façon indirecte. Les adultes consomment des glucides sous forme liquide : nectar de fleurs, miellat produit par les pucerons, sève fermentée de fruits mûrs ou abîmés. En fin de saison, lorsque les ressources sucrées naturelles se raréfient, les frelons asiatiques peuvent s’attaquer aux fruits mûrs directement sur les arbres — raisins, figues, poires — créant des dégâts dans les vergers et les vignobles.
En Occitanie et dans la région PACA, les vignerons et arboriculteurs signalent régulièrement des dégâts sur raisins et figues en septembre-octobre. Ces attaques fragilisent les fruits et favorisent le développement de maladies fongiques.
Comment les abeilles se défendent-elles contre le frelon asiatique ?
Les abeilles domestiques européennes (Apis mellifera) n’ont pas co-évolué avec le Vespa velutina et ne disposent pas des mécanismes de défense développés par leurs cousines asiatiques (Apis cerana). Ces dernières pratiquent notamment la “boule thermique” : elles entourent le frelon en masse et élèvent la température jusqu’à le tuer par la chaleur.
En France, les colonies d’Apis mellifera peuvent adopter des comportements défensifs partiels — réduction de l’entrée de la ruche, gardiennes plus vigilantes — mais ces stratégies restent insuffisantes face à une attaque soutenue. C’est pourquoi la destruction des nids de frelons asiatiques à proximité des ruchers reste la mesure la plus efficace pour préserver la biodiversité apicole.

Les abeilles domestiques européennes ne disposent pas de mécanismes de défense naturels efficaces contre le frelon asiatique.
Que faire face à un frelon asiatique près d’un rucher ou d’un jardin ?
Face à la menace que représente l’alimentation du frelon asiatique pour la biodiversité locale, plusieurs actions sont possibles selon la situation :
Pour les apiculteurs
- Réduire l’entrée des ruches en période de prédation (août-octobre)
- Installer des grilles anti-frelons homologuées
- Signaler et faire détruire tout nid dans un rayon de 500 m
- Contacter un professionnel certifié Certibiocide
Pour les particuliers
- Un nid ne doit jamais être détruit sans équipement adapté
- Tout nid suspecté doit être signalé à la mairie ou à un professionnel
- Des espèces mellifères dans le jardin aident à soutenir les pollinisateurs locaux
- En cas de doute, contactez Fieri Nuisible pour une intervention rapide
Afin de savoir reconnaître un nid et comprendre quand intervenir, consultez notre article : comment reconnaître un nid de frelon asiatique et le faire détruire.
FAQ — Alimentation du frelon asiatique et biodiversité
Que mange le frelon asiatique exactement ?
Le frelon asiatique est un prédateur généraliste. Les adultes consomment des glucides (nectar, miellat, sève). Les larves sont nourries de boulettes de protéines issues d’insectes capturés : abeilles, bourdons, guêpes, mouches, papillons et autres hyménoptères.
Le frelon asiatique est-il vraiment dangereux pour les abeilles ?
Oui. Le frelon asiatique pratique la chasse stationnaire devant les ruches et peut capturer des centaines d’abeilles par jour par colonie. Les butineuses réduisent leurs sorties, la colonie s’affaiblit et peut s’effondrer dans les cas les plus graves. L’impact sur la biodiversité apicole est scientifiquement documenté.
Le frelon asiatique s’attaque-t-il aux fruits et aux végétaux ?
Les adultes consomment des substances sucrées naturelles. En fin de saison, ils peuvent s’attaquer aux fruits mûrs (raisins, figues, poires) dans les vergers et vignobles, causant des dégâts directs et favorisant les maladies fongiques.
Combien d’insectes une colonie de frelon asiatique consomme-t-elle ?
Une colonie en pleine saison peut capturer plusieurs dizaines de milliers d’insectes entre avril et novembre, représentant jusqu’à 11 kg de biomasse selon les données du Muséum National d’Histoire Naturelle.
Comment protéger ses abeilles du frelon asiatique ?
Les mesures les plus efficaces sont : réduire l’entrée des ruches en période de prédation (août-octobre), installer des grilles anti-frelons, et surtout faire détruire tout nid de frelon asiatique dans un rayon de 500 mètres autour du rucher par un professionnel certifié Certibiocide.
Le frelon asiatique menace-t-il d’autres insectes que les abeilles ?
Oui. Le frelon asiatique s’attaque à une grande diversité d’insectes : bourdons, syrphes, guêpes, papillons diurnes et autres pollinisateurs. Son impact sur la biodiversité va donc bien au-delà des seules abeilles domestiques.
Un nid de frelon asiatique menace vos abeilles ou votre jardin ?
Fieri Nuisible intervient dans les départements 11, 13, 30, 31, 34, 66, 81, 82 et 84. Nos techniciens certifiés Certibiocide détruisent les nids en toute sécurité pour protéger vos ruches et la biodiversité locale.
Sources : Muséum National d’Histoire Naturelle — frelonasiatique.mnhn.fr ; INRAE ; Rome Q. et al., Not just honeybees: predatory habits of Vespa velutina in France, Annales de la Société entomologique de France, 2021.