Comment reconnaître les chenilles processionnaires et s’en protéger efficacement ?
Qui sont les chenilles processionnaires ?

Nid typique de chenilles processionnaires en bout de branche de pin. © Fieri Nuisible
Les chenilles processionnaires sont les larves de papillons nocturnes appartenant au genre Thaumetopoea. Leur nom vient en effet de leur comportement caractéristique : elles se déplacent en longues files organisées, tête-bêche, comme une procession. Ce comportement grégaire leur permet ainsi de conserver la chaleur et de se protéger des prédateurs.
En France, et particulièrement dans nos régions du Sud — Occitanie et PACA — on rencontre principalement deux espèces : la processionnaire du pin et la processionnaire du chêne. Si elles partagent le même comportement de groupe et les mêmes poils urticants redoutables, elles n’ont toutefois pas les mêmes habitudes ni les mêmes arbres de prédilection.
Processionnaire du pin
- Espèce : Thaumetopoea pityocampa
- Arbres : pins, cèdres, mélèzes
- Nid : gros cocon soyeux blanc en bout de branche
- Descente : janvier à mars
- Présence : très commune dans tout le sud
Processionnaire du chêne
- Espèce : Thaumetopoea processionea
- Arbres : chênes, plus rarement hêtres
- Nid : amas plat grisâtre dans les creux d’écorce
- Descente : mai à juillet
- Présence : plus rare, en progression vers le nord
Le lien avec le changement climatique : Depuis les années 1990, l’aire de répartition des processionnaires s’est considérablement étendue vers le nord et vers l’altitude. Des hivers plus doux et des étés plus chauds créent en effet des conditions idéales pour leur développement. Ce qui était autrefois un problème confiné au pourtour méditerranéen touche ainsi aujourd’hui une grande partie de la France.
Le vrai danger : les poils urticants
700 000 soies microscopiques par chenille
La menace ne vient pas de la morsure — les chenilles processionnaires ne mordent pas. Elle vient en réalité de leurs poils urticants microscopiques, appelés soies, dont chaque chenille en porte environ 700 000. Ces soies sont barbelées comme des harpons et se détachent facilement dans l’air. Il suffit ainsi de passer à proximité d’un nid, ou simplement que le vent soit défavorable, pour en inhaler ou en avoir sur la peau.

Cortège de chenilles processionnaires lors de la descente. © Fieri Nuisible
Un danger qui persiste même après le départ des chenilles
Ce qui rend le danger encore plus sournois, c’est que les poils restent actifs des mois après la mort des chenilles, aussi bien dans les nids abandonnés que dans le sol aux abords des arbres. Ainsi, un nid vide de l’année précédente peut encore provoquer des réactions urticantes l’année suivante. C’est pourquoi il est indispensable de faire retirer les nids par un professionnel, même hors saison.
Le cycle de vie : comprendre pour mieux agir
Pour traiter efficacement les chenilles processionnaires, il faut d’abord comprendre à quelle étape on se trouve dans leur cycle. En effet, certaines méthodes sont beaucoup plus efficaces à des stades précis. Le cycle de la processionnaire du pin — la plus répandue dans notre région — se déroule sur environ un an.
De la ponte à la descente : les 6 étapes clés
Ponte : les papillons adultes (nocturnes) pondent leurs œufs directement sur les aiguilles des pins, formant des manchons brunâtres.
Naissance et premier développement : les jeunes chenilles éclosent et commencent ainsi à tisser les premiers fils du nid en bout de branche. Le nid grossit au fil des semaines.
Croissance et hivernage : les chenilles passent l’hiver dans le nid soyeux bien visible sur les arbres. C’est par conséquent la période idéale pour repérer les nids et planifier les traitements.
Descente processionnaire : c’est la phase la plus dangereuse. Les chenilles quittent l’arbre en file indienne pour s’enterrer dans le sol, parfois à plusieurs dizaines de mètres du pied de l’arbre.
Nymphose souterraine : les chenilles s’enfouissent et se transforment en chrysalides. Elles peuvent ainsi rester dans le sol jusqu’à 5 ans en dormance si les conditions ne sont pas favorables.
Émergence des adultes : les papillons émergent la nuit, s’accouplent, pondent… et le cycle recommence.
Pourquoi faut-il traiter ? Les impacts sur l’arbre et son environnement
Au-delà du danger sanitaire, les chenilles processionnaires causent des dégâts significatifs aux arbres qu’elles colonisent. En effet, une infestation sévère peut entraîner une défoliation partielle ou totale les aiguilles sont dévorées, privant ainsi l’arbre de sa capacité à faire la photosynthèse. Sur des pins déjà affaiblis ou dans des zones forestières, des infestations répétées sur plusieurs années peuvent par conséquent conduire à la mort de l’arbre.
Dans un jardin ou un espace public, les enjeux sont donc multiples, protéger les enfants qui jouent sous les arbres, sécuriser les animaux domestiques, préserver le patrimoine arboré, et éviter que les nids ne se multiplient d’une année sur l’autre. Un arbre non traité une année en contaminera d’autres la suivante. C’est pourquoi une intervention rapide est toujours préférable à l’attente. En parallèle, si vous êtes également concerné par d’autres nuisibles dans votre jardin, consultez notre article sur les guêpes et frelons.
Les méthodes de traitement des chenilles processionnaires
Il existe plusieurs solutions pour traiter les chenilles processionnaires. Le choix de la méthode dépend en effet principalement de la hauteur et de l’accessibilité des arbres, du stade de développement des larves et de l’étendue de l’infestation. Chez Fieri Nuisible, nous combinons ainsi deux méthodes principales selon ces critères.
Drone ou pulvérisation, quel traitement pour votre situation ?
Arbres de grande hauteur
Traitement par drone
Pour les pins, cèdres et grands arbres dépassant 8 à 10 mètres, le drone agricole permet une pulvérisation précise au cœur du feuillage, sans nacelle ni échafaudage.
- Traitement des nids en hauteur en toute sécurité
- Application ciblée, moins de dispersion du produit
- Intervention rapide sur de grandes zones
- Idéal pour parcs, forêts, grandes propriétés
Arbres accessibles
Traitement par pulvérisation
Pour les arbres de taille intermédiaire, la pulvérisation au sol ou depuis une échelle permet une application précise sur les nids et le feuillage.
- Application directe sur chaque nid repéré
- Produit homologué, dosage contrôlé
- Adapté aux jardins particuliers et espaces verts
- Traitement nid par nid avec précision

Traitement des chenilles processionnaires par drone — Fieri Nuisible, Occitanie & PACA. © Fieri Nuisible
Dans les deux cas, nos techniciens certifiés Certibiocide utilisent des produits homologués et respectent scrupuleusement les dosages et protocoles réglementaires. L’objectif est ainsi toujours d’utiliser la dose minimale efficace, dans le respect des personnes, des animaux et de l’environnement. Pour en savoir plus, consultez notre page zones d’intervention en Occitanie et PACA.
Les bons réflexes si vous avez des chenilles chez vous
La première chose à ne jamais faire face aux chenilles processionnaires : tenter d’enlever vous-même un nid. En effet, même avec des gants, l’opération expose aux poils urticants qui se dispersent dans l’air au moindre mouvement. Voici donc ce que vous pouvez faire en attendant l’intervention d’un professionnel.
- Ne pas toucher les chenilles ni les nids, ne pas tenter de les brûler
- Délimiter la zone autour de l’arbre pour empêcher l’accès aux enfants et animaux
- Tenir les animaux éloignés : laisse courte lors des promenades sous les pins
- Porter des vêtements couvrants si vous devez passer à proximité
- En cas de contact : rincer abondamment à l’eau froide sans frotter, consulter un médecin si les symptômes persistent
- Appeler un professionnel dès que possible pour évaluer et traiter
Vous avez des chenilles processionnaires ?
Questions fréquentes sur les chenilles processionnaires
Les chenilles processionnaires sont-elles dangereuses toute l’année ?
Le pic de danger se situe entre janvier et avril, période de descente des processionnaires du pin. Toutefois, les nids abandonnés restent urticants plusieurs mois après le départ des chenilles. En été, les nids de l’année précédente peuvent toujours provoquer des réactions. La vigilance est donc de mise pratiquement toute l’année sous les pins.
Comment reconnaître un nid de chenilles processionnaires ?
Le nid de la processionnaire du pin ressemble à une boule de coton blanc ou grisâtre, de la taille d’un ballon de football, typiquement situé en bout de branche dans le tiers supérieur de l’arbre. Celui de la processionnaire du chêne est plus plat et discret, tapi dans les creux d’écorce. Dans les deux cas, ne jamais s’en approcher sans protection.
Peut-on traiter les chenilles processionnaires soi-même ?
Légalement, les produits biocides efficaces contre les processionnaires sont réservés aux professionnels certifiés Certibiocide. Par ailleurs, une intervention sans équipement adapté expose à des risques sérieux : les poils urticants se dispersent dans l’air lors de toute manipulation. Nous déconseillons donc fortement toute tentative d’intervention sans accompagnement professionnel.
À quelle période faut-il traiter pour être efficace ?
Le traitement le plus efficace se fait entre octobre et décembre, lorsque les jeunes chenilles sont encore dans les premiers stades de développement. Les produits pénètrent mieux et les chenilles sont ainsi plus vulnérables. Toutefois, un traitement reste possible jusqu’en janvier-février. Une fois la descente commencée, l’Éco Piège devient par conséquent la solution à privilégier.
Mon chien a touché des chenilles processionnaires, que faire ?
C’est une urgence vétérinaire. N’attendez pas l’apparition des symptômes. Rincez la gueule de l’animal avec beaucoup d’eau froide sans frotter, et rendez-vous immédiatement chez un vétérinaire. La nécrose de la langue peut survenir en quelques heures : une prise en charge rapide est donc déterminante pour le pronostic.
L’Éco Piège est-il suffisant seul pour traiter les chenilles processionnaires ?
L’Éco Piège est très efficace pour intercepter les chenilles lors de leur descente sans produit chimique. En revanche, il n’élimine pas les nids en hauteur. Pour une protection complète, la combinaison Éco Piège + traitement des nids reste par conséquent la solution la plus robuste, surtout sur des arbres fortement infestés.
Sources : INRAE — Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement | Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire | Certibiocide — Réglementation biocides UE n°528/2012